Le blocus frappe durement Cuba

No Helms-Burton

Les effets du blocus pèsent lourd sur l’économie et le potentiel de développement de Cuba, encore plus après les pressions supplémentaires du président Trump. Bruno Rodríguez, le ministre cubain des affaires étrangères, a déclaré en juin 2019, lors de la Conférence annuelle de l’Organisation Mondiale Alimentaire (FAO), que le blocus a coûté à Cuba plus de 413 millions de dollars, entre avril 2017 et mars 2018, rien que pour l’approvisionnement en nourriture. Cet argent est perdu pour moderniser l’agriculture du pays.

Le blocus renforcé par le président Trump a suscité la première plainte déposée par des citoyens nord-américains contre une banque étrangère. Quatorze descendants des propriétaires de la Banco Núñez exigent 792 millions de dollars de dédommagement à la Société Générale française. La Banco Núñez a été confisquée après la révolution. La plainte est basée sur le Titre III de la loi Helms-Burton, qui autorise les citoyens nord-américains de convoquer devant un juge des entreprises étrangères qui auraient réalisé des profits avec des entreprises cubaines nationalisées. Entre 2000 et 2010 la Société Générale a effectué des payements et des transactions de centaines de milliers de dollars avec la Banque Nationale de Cuba.

Pendant ce temps les États-Unis poursuivent la distribution d’amendes aux entreprises qui ne respectent pas les lois du blocus. Les entreprises Expedia Group, Hotelbeds USA et Cubasphere ont été condamnées à des centaines de milliers de dollars d’amendes, pour l’organisation de voyages à Cuba. Ce qui est remarquable c’est que Hotelbeds USA paye une amende parce que le Grupo Hotelbeds, dont le siège est à Mallorque, et auquel la filiale appartient, a organisé des voyages à Cuba, entre 2001 et 2014, pour 703 touristes qui n’étaient pas nordaméricains. Ou comment des entreprises étrangères sont également sanctionnées par le blocus des États-Unis.